À bout de souffle

 

 

Serge Harnois

Président

Comité des Affaires économiques

 

 

Les détaillants de Saint-Jérôme n’en peuvent plus. L’onde de choc atteint même de larges territoires qui excèdent le territoire de Saint-Jérôme.

 

Que se passe-t-il ?

Le marché des carburants de ce secteur souffre de disfonctionnement excessif. Qu’on en juge : entre le 15 mai et le 12 novembre dernier, la marge moyenne du détaillant se situe à cinq centièmes de cent (0,0005$). Si on considère les six mois se situant entre mai et novembre 2007, la marge s’établit à trois dixièmes de cent (0,003$).

 

Nettoyage commercial

Il s’agit d’une véritable catastrophe. Aucune entreprise de vente au détail de carburant, aussi efficace soit-elle, ne peut survivre à de pareils assauts. Si les multinationales peuvent attendre paisiblement le nettoyage commercial de ce territoire qui leur sera ultérieurement profitable, il en va tout autrement des entreprises indépendantes dont les capacités financières limitées ne peuvent leur permettre de continuer à ainsi perdre de l’argent. Soyons clairs, on ne parle pas ici d’efficacité des opérations, on parle tout bêtement de la capacité de perdre de l’argent sur de longues périodes.

 

Régie de l’énergie

La demande récente déposée par l’AQUIP et Pétrole Pagé à la Régie de l’énergie est pleinement justifiée.  En incluant pour une période de trois ans la valeur des coûts d’exploitation qu’elle a fixés à 3¢ par litre, la Régie mettra fin à une des pires guerres de prix qu’ait connue le Québec. Ce n’est qu’à cette condition que les détaillants indépendants de ce territoire pourront maintenir leurs portes ouvertes. Tous ceux qui restent en piste sont littéralement à bout de souffle. Il faut absolument éviter que ce secteur ne devienne un territoire réservé aux seules multinationales qui, une fois leur contrôle bien assuré, n’auront plus de motifs rationnels pour maintenir des prix ainsi écrasés.

 

Les consommateurs

Il faut à tout prix maintenir la diversité d’entreprise nécessaire au bon fonctionnement de la concurrence. Dans le marché des carburants, les indépendants jouent un rôle essentiel qui fait en sorte que c’est au Québec où, de toutes les régions canadiennes, les consommateurs profitent des prix hors taxes les plus bas. La Régie ne doit pas permettre à quelques multinationales de « nettoyer » indûment un marché.  La concurrence doit demeurer le moteur des activités commerciales de vente de carburant. C’est à cette seule condition que les consommateurs peuvent être protégés à long terme.