Regard sur le Québec:

La Loi sur la mise en œuvre de la stratégie énergétique du Québec doit être modifiée :

Les redevances environnementales doivent être « bien perçues »

La loi 52 , Loi sur la mise en œuvre de la stratégie énergétique du Québec, a été adoptée rapidement en décembre dernier. Certaines dispositions de cette loi prennent acte du refus des grandes pétrolières d’assumer le coût de la redevance environnementale perçue sur les produits pétroliers. En conséquence, ce sont les consommateurs québécois paieront 1 milliard $ de plus sur 5 ans. Pourtant, la meilleure façon d’espérer que les grandes pétrolières assument le coût de cette redevance, comme l’espérait le gouvernement, est d’exiger sa perception aux rampes de chargement des raffineries. En pareil cas, toutes les pétrolières, grandes et petites, auraient pu être correctement mises à contribution.

 

Bien réfléchir

La Loi 52 a été adoptée trop rapidement en décembre dernier. Ce court débat n’a pas laissé assez de temps afin de bien réfléchir à la faisabilité et aux effets indésirables du modèle proposé de perception des redevances environnementales touchant le secteur pétrolier.

 

Voilà pourquoi nous vous invitons à prendre connaissance des réflexions qui suivent.

 

Nous désirons ainsi alimenter une réflexion qui permette de modifier rapidement la loi 52 afin d’atteindre les objectifs de mise en œuvre équitable de la stratégie énergétique du Québec sans fragiliser injustement les entreprises pétrolières indépendantes du Québec. Celles-ci permettent aux consommateurs du Québec d’obtenir des prix hors taxes parmi les plus bas du Canada et aux régions de compter sur un approvisionnement accessible.

 

La loi 52

Les dispositions de la loi 52 prévoient que toute entreprise qui s’approvisionne aux rampes de chargement, et dont le volume de vente excède 25 millions de litres annuellement, recevra un avis de cotisation et devra remettre au gouvernement la redevance environnementale qui sera établie à partir du volume de l’année financière précédente.

 

Cette approche, qui semble simple, est au contraire complexe et présente des inconvénients majeurs qu’il convient de corriger; en voici un résumé.

 

La redevance et les consommateurs

Puisque les grandes pétrolières ont annoncé qu’elles allaient refiler la redevance environnementale aux consommateurs, elles vont retenir cette redevance lors de l’approvisionnement aux rampes de chargement des raffineries. Ainsi, les consommateurs paieront 200 millions de plus par an pour se procurer les produits pétroliers dont ils ont besoin. Les raffineurs avaient d’ailleurs commencé à percevoir la redevance anticipée au début janvier 2007; c’est la tempête médiatique que cela a provoqué qui les a fait reculer temporairement.

 

Paiement aux rampes de chargement

Il est aisé de comprendre que les entreprises pétrolières indépendantes, qui s’approvisionnent aux rampes de chargement, devront elles-même payer la redevance en réglant la facture de cet approvisionnement.

 

Payer deux fois la redevance

Or, comment peut-on imaginer que le gouvernement transmette ensuite aux entreprises indépendantes, dont le volume de vente excède 25 millions de litres, un avis de cotisation pour une redevance qu’ils auront déjà assumée lors de l’approvisionnement aux rampes de chargement? C’est pourtant ce que les dispositions actuelles de la loi imposent. Ainsi, en vertu de la loi 52, les indépendants devront payer deux fois la redevance; une fois lors de l’achat aux rampes de chargement (exigence des majeures) et une seconde fois lors de la réception de l’avis de cotisation prévu à la loi. (exigence gouvernementale)

 

Il ne s’agit pas d’hypothèses fantaisistes puisque la Régie de l’énergie, conformément à la loi, a déjà diffusé un avis public qui exige l’obtention du volume annuel de chaque entreprise pétrolière indépendante visée afin de permettre la perception de la redevance.

 

La solution

Il existe une solution simple et équitable.

 

Pour s’assurer que la redevance soit toujours perçue afin de mettre en œuvre la stratégie énergétique du Québec, il faut exiger des raffineurs qu’ils la perçoivent à la source et en fassent la remise au gouvernement. L’importateur indépendant fera évidemment de même. Les pétrolières indépendantes seront ainsi tenues de contribuer en acquittant le coût d’acquisition des produits pétroliers qu’elles achètent. Cela ne causera pas de difficultés inattendues, puisque ce ne sera que le prolongement du mode de perception habituel sur le pétrole, qui fonctionne rondement.

 

Modifier 2 lois

Il faudra alors modifier la loi 52 afin d’exiger la perception aux diverses rampes de chargement, sans en exiger une deuxième auprès des entreprises qui y achètent annuellement 25 millions de litres et plus. Il faudra aussi s’assurer que la Loi sur les équipements pétroliers prévoie la nécessaire intégration de la redevance au prix minimum diffusé par la Régie de l’énergie, puisqu’elle fait évidemment partie du prix d’acquisition du produit.

 

Agir vite

Ces solutions simples doivent être rapidement adoptées afin que la mise en marche de la perception des redevances se fasse correctement, sans engendrer de fouillis administratif, sans pénaliser les entreprises indépendantes et sans entretenir l’illusion que les grandes pétrolières assumeront le poids financier de la redevance, puisqu’elles ont clairement indiqué que la facture reviendrait aux consommateurs. Les multinationales du pétrole affirment en effet qu’elles ne font que répondre aux besoins des consommateurs et que ce sont eux qui, en bout de course, causent la pollution et doivent payer!