Des
parlementaires de tous les partis adoptent en deuxième lecture un projet de loi visant à interdire des prix déraisonnablement
bas dans la vente de l'essence
La Chambre des communes a adopté le 20 octobre dernier en deuxième lecture le projet de loi C-235 qui vise à interdire à travers le Canada les ventes à perte dans le secteur de l’essence.
158 députés ont appuyé la mesure alors que 74 s’y opposaient, dont plusieurs ministres. En vertu de ce projet de loi, les raffineurs devraient diminuer leur prix de gros pour permettre aux indépendants de vendre leur essence à la pompe à un prix équivalent à celui qu’ils offrent aux consommateurs. Ces mesures visent à mettre un terme aux politiques de prix basées sur les ventes à perte (prix prédateurs) qui ont pour effet de mettre hors du marché des entreprises pétrolières indépendantes efficaces et nécessaires au maintien de la concurrence.
C’est le député libéral Dan McTeague qui pilote cette législation. Grâce à l’appui de députés du Bloc québécois, du Nouveau Parti Démocratique, du Reform Party, du Parti Conservateur et de dizaines de députés libéraux, le projet de loi a franchi avec succès une étape pouvant mener à son adoption par le parlement fédéral.
Canada
Il est remarquable
que des parlementaires fédéraux de toutes allégeances aient uni leur voix pour supporter une mesure de même nature que la loi québécoise sur la Régie de l’énergie" a précisé René Blouin, Président-directeur général de l’Association Québécoise des Indépendants du Pétrole
(AQUIP).
Si le projet de loi fédéral
franchit les dernières étapes menant à son adoption,
il obligera les raffineurs à baisser leurs prix de gros pour tenir
compte de leurs coûts d’exploitation et d’une marge raisonnable de
profits nécessaires à la poursuite d’activités commerciales
dans le secteur de la vente au détail
de l’essence.
Québec
Monsieur
Blouin a rappelé que la Régie de l’énergie du Québec
donne actuellement suite aux dispositions législatives adoptées
par l’Assemblée nationale en vertu desquelles elle fixe la valeur des
coûts d’exploitation nécessaires et raisonnables pour faire le
commerce au détail d’essence et de carburant diesel. Ces coûts
ne comprennent pas de profits et correspondent à ceux d’entreprises
efficaces. La Régie sera ainsi en mesure de décider d’inclure
ces coûts au prix minimum actuel et, dans les faits, d’interdire les
ventes à perte qui conduisent à la faillite des entreprises pétrolières
québécoises efficaces et nécessaires au maintien de la
vraie concurrence, seule garantie de bons prix à moyen et long terme
pour les consommateurs du Québec.
États-Unis
Aux États-Unis,
27 États sont dotés de lois qui ont notamment pour objectif
de maintenir la concurrence dans le secteur pétrolier. Certaines de
ces lois vont même jusqu’à interdire aux raffineurs de faire
le commerce au détail d’essence afin d’éviter la création
d’oligopoles pétroliers désavantageux pour les consommateurs,
a rappelé monsieur
Blouin.