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Tableau 1 Statistiques démographiques 2002 Québec et Etats-Unis |
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|
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Population
|
km2 |
Densité hab./km2 |
|
Québec |
7 455 208 |
1 357 743 |
5,5 |
|
États-Unis |
288 368 698 |
9 161 966 |
31,5 |
|
Sources:
Statistique Canada et US Census Bureau |
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Le litrage par poste d’essence
Plutôt que de comparer
quantitativement les postes d’essence en regard de la population visée, on a
trop tendance à ne comparer que les volumes par postes d’essence et en conclure
qu’il y a trop de postes d’essence au Québec; cette méthode est trompeuse. Plusieurs phénomènes peuvent d’ailleurs
expliquer les variations du litrage moyen par poste d’essence pour différents
territoires, notamment celui des États-Unis.
Le litrage supérieur des postes d’essence aux États-Unis s’explique notamment par le fait que les Américains ont une consommation estimée moyenne par citoyen de 74% plus élevée que celle du Québec. Il n'est pas rare que les citoyens qui travaillent dans les mégapoles américaines sans y demeurer parcourent de très grandes distances par jour pour se rendre au travail, en plus d'affronter davantage des bouchons de circulation, puisque, comme nous le verrons plus loin, 80,3%[7] de la population des États-Unis habite une région métropolitaine contre 66,5%[8] pour le Québec. Ce facteur entraîne évidemment une augmentation significative de la consommation moyenne d’essence par citoyen et peut expliquer en partie l’écart entre la consommation moyenne d’essence par citoyen au Québec en comparaison avec celle des États-Unis.
Tableau 2
Comparaison
Québec, Canada, Etats-Unis, 2001
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Population |
Consommation/ habitant |
Nombre de postes d'essence |
Litrage moyen par postes d'essence |
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|
Essence |
Diesel |
Total |
|||||
|
Québec |
7 417 732 |
7 407 900 000 |
861 400 000 |
8 269 300 000 |
1 115 |
4 548 |
1 818 228 |
|
Canada |
31 110 565 |
34 629 600 000 |
3 818 300 000 |
38 447 900 000 |
1 236 |
N.D. |
N.D. |
|
États-Unis |
285 317 559 |
499 730 472 795
|
55 100 863 547 |
554 831 336 342 |
1 945 |
171 169 |
3 241 424 |
Italique: Données estimées. Voir note.
[11]
Le fait
qu’il y ait plus de
véhicules par personne aux États-Unis qu’au Québec et que le kilométrage par
habitant soit supérieur à celui du Québec constitue autant d'éléments
additionnels qui expliquent les litrages supérieurs des postes d’essence de nos
voisins du sud.
Tableau 3
Statistiques routières
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|
Population Juillet 2001 |
Nombre de Véhicules |
Nombre de Permis de conduire |
Nombre de Kilomètres Parcourus |
Véhicules/ Habitant |
Permis de conduire/ habitant |
Kilomètres Parcourus/ Habitant |
|
Québec |
7 417 732 |
*4 201 912 |
4 545 461 |
84 400 |
0,57 |
0,61 |
11 378 |
|
États-Unis |
285 317 559 |
235 290 484 |
191 275 719 |
4 476 329 |
0,82 |
0,67 |
15 689 |
*Excluant les
véhicules hors réseau.
Compte
tenu du climat qui y est
plus clément, les automobiles ont évidemment une durée de vie plus longue aux
États-Unis. Le parc de véhicules est
ainsi composé d'automobiles plus vieilles qui consomment plus de carburant que
les plus récentes et augmentent d’autant la consommation d’essence. À titre d'exemple en 2000, l'âge moyen des
automobiles au Québec était de 7,13 ans
[18] alors qu'aux États-Unis il était de 9 ans[19].
L’activité économique plus intense observable aux États-Unis, comparée à celle du Canada et du Québec, constitue un autre facteur qui augmente la consommation de carburant. Ainsi, pour l'année 2001, le taux de chômage au Québec se situait à 8,7% [20] alors que les États-Unis jouissaient d'un taux de chômage près du plein emploi, soit 4,8%[21].
Il
faut aussi être prudent et ne
pas accorder une valeur universelle à certaines statistiques qui prendraient
surtout en considération les données portant sur les grandes régions
métropolitaines américaines. Celles-ci
n’ont en effet aucune commune mesure avec les régions métropolitaines du
Québec, du fait qu’elles sont beaucoup plus peuplées. La très forte population
des grandes villes américaines influence évidemment les statistiques et
permettent d’augmenter le volume moyen de litres vendus par poste d’essence
chez nos voisins du sud. Ainsi, les
plus grandes régions métropolitaines que sont New York, Los Angeles et Chicago,
avec respectivement 21,2 millions, 16,4 millions et 9,2 millions habitants[22],
ne se comparent pas avec les trois plus grandes régions métropolitaines du
Québec soit Montréal, Québec et Hull avec respectivement 3,4 millions, 682 757
et 257 568 habitants[23]. Enfin, près de 80,3%22 de la
population des États-Unis vit dans une région métropolitaine alors que
seulement 66,5%223 de la population habite dans ces régions au
Québec.
En outre, plus de 30% de la
population des Etats-Unis vit dans des régions métropolitaines de plus de 5
millions d'habitants alors que cette réalité de forte concentration n'existe
même pas au Québec[24].
Tous ces facteurs conjugués expliquent pourquoi la consommation annuelle
d’essence par citoyen est supérieure aux États-Unis. Malgré cette réalité, il y a plus de postes d’essence par tranche
de 100 000 habitants au sud de notre frontière, afin d’offrir une accessibilité
décente aux populations de tout le territoire.
Les postes d'essence à très gros débit
sont-ils profitables pour les
consommateurs?
Les raffineurs veulent imposer un modèle de poste d’essence à très grand
débit comptant plusieurs îlots de ravitaillement. Ils prétendent que ce type de poste d’essence permet de réaliser
d’importantes économies d’échelle qui seraient transmises aux
consommateurs. Or, la construction de
sites avec plusieurs îlots de ravitaillement nécessite un investissement
important et comporte des coûts d'exploitation très lourds à supporter. Le tableau qui suit permet d’établir une
comparaison de l’efficacité réelle de trois types de postes d’essence. On y constate que le poste d’essence de 1,5
millions de litres vendus annuellement rivalise avantageusement avec ceux de
3,5 et 10,5 millions de litres.
Tableau 4
|
Éléments de coût* |
Modèle 1 |
Modèle 2* |
Modèle 3 |
|
|
Sans marquise 1 îlot, 2 pompes (2 positions) |
Avec une marquise 2 îlots, 4 pompes (4 positions) |
Avec une grande marquise 3 îlots, 6 pompes (12 positions) |
|
Volume |
1 500 000 litres |
3 500 000 litres |
10 500 000 litres |
|
|
|
|
|
|
Heures de travail requises pour la portion essence |
45 heures |
105 heures |
252 heures |
|
|
|
|
|
|
Investissement requis pour l'installation pétrolière |
100 000 $ |
258 030 $ |
1 000 000 $ |
|
Électricité et chauffage |
2 pompes |
Marquise et 4 pompes |
Grande marquise et 6 pompes |
|
Cartes de crédit |
Ces coûts sont reliés au nombre de transactions qui augmentent selon
le volume. Le coût unitaire demeure
donc constant; il n'y a pas d'économies d'échelle. |
||
|
Entretien et réparations |
Ces coûts sont reliés à l'utilisation des équipements. Plus on vend de litres et plus ces coûts
augmentent. Le coût unitaire demeure
relativement constant; il y a peu d'économies d'échelle. |
||
* Modèle de poste d’essence retenu par la Régie de
l’énergie.
Les coûts qui apparaissent dans ce tableau représentent 80% des coûts retenus par la Régie de
l’énergie. Il est utile de rappeler
que, dans la fixation de la valeur des coûts d’exploitation d’un détaillant
efficace, la Régie n’a pas tenu compte de tous les coûts réels.
Comme
on peut le constater en analysant les trois types de postes d’essence du
tableau 4, la vente d’essence
est une opération de vente
en vrac relativement simple qui ne devient pas vraiment plus efficace dans les
grandes installations. Pour vendre de
plus
forts volumes d’essence, le détaillant doit en effet modifier ses
installations, investir davantage et augmenter ses coûts d’opération. C’est plutôt la volonté de concentrer les
ventes d’essence dans un nombre restreint de points de vente, contrôlés par les
raffineurs, qui devient avantageuse pour les grandes pétrolières. En conséquence, les consommateurs ne doivent
nullement s’attendre à tirer avantage de ces orientations que souhaitent
imposer les pétrolières majeures.
En fait, pour profiter d’économies d’échelle significatives, les postes
d’essence à grand débit des majeures devront atteindre des volumes si
importants qu’ils élimineraient les autres concurrents. Parions que la concentration du marché qui
en découlerait ne profiterait nullement aux consommateurs et que les
actionnaires des grandes pétrolières en seraient les bénéficiaires.
Nous
verrons plus
loin les conséquences indésirables découlant de l’adoption de cette stratégie
des multinationales.
L’Ontario
En
outre, la prétendue
"rationalisation" du marché ontarien n'a pas eu d'effet bénéfique
pour les consommateurs ontariens. À
titre d'exemple, le consommateur torontois paie son essence, hors taxes, plus
cher que le consommateur montréalais.
Cela s'explique notamment par des prix de gros plus importants en
Ontario, en raison de l'absence d'importateurs indépendants capables d'importer
des cargos. Même les volumes plus
importants des postes d'essence torontois n'ont pas permis aux consommateurs de
bénéficier de prix plus bas. Le tableau qui suit illustre les avantages dont bénéficient
les consommateurs montréalais, comparés à ceux de Toronto.
|
Tableau 5 Prix de l'essence régulière hors taxes
[25] Montréal et Toronto |
|||
|
Années |
Montréal |
Toronto |
Écart
Toronto-Montréal |
|
1998 |
21,8 |
23,0 |
1,2 |
|
1999 |
27,7 |
28,7 |
1,0 |
|
2000 |
40,4 |
41,5 |
1,1 |
|
2001 |
37,0 |
37,7 |
0,7 |
|
2002 |
35,4 |
38,2 |
2,8 |
|
Source: MJ Ervin & Associates |
|||
Les services aux populations
régionales
Il
ne faut pas
oublier qu’au Québec les compagnies majeures ont tendance à abandonner les
postes d'essence desservant les populations des zones éloignées, compte tenu
des coûts d’exploitation supérieurs à ceux des indépendants qu’ils doivent
assumer. Alors que les indépendants
peuvent opérer avec profitabilité ces postes d’essence aux plus faibles litrages,
les majeures laissent tomber ce type d’opérations. L'efficacité des indépendants assure ainsi l'accessibilité à un
service essentiel d'approvisionnement en essence aux populations à faible
densité qui, sans eux, se verraient privées de services d’approvisionnement de
carburant, les obligeant à franchir des dizaines de kilomètres pour
s’approvisionner en produits pétroliers.
Malgré leur volume plus modeste qui font diminuer le litrage moyen par
poste d’essence, ces points de service efficaces ne placent pas le Québec en
porte à faux lorsqu’on compare le nombre de postes d’essence par 100 000
habitants observable ici et aux États-Unis.
L'élimination
d'un grand nombre de postes d'essence, nécessaire à la rentabilité de postes à
très gros débit, créerait de très grandes distances entre les postes. Cela
obligerait les résidents à parcourir des dizaines de kilomètres additionnels
pour se procurer de l'essence ou du carburant diesel. Cette plus grande distance à parcourir engendrera un gaspillage
de temps et d'énergie pour les consommateurs et augmentera les émissions
polluantes dégagées par les automobiles que les gouvernements cherchent plutôt
à limiter. Cela signifie qu'on
assisterait à la disparition de postes d'essence dans plusieurs petites municipalités
locales, accentuant ainsi le phénomène d’isolement de ces populations, privées
de services auxquels elles ont normalement droit. Si on souhaite vraiment prendre parti pour les régions, on ne
peut ignorer les dangers inhérents à la privation de services quasi-essentiels.
Des
postes d’essence adaptés à
la réalité québécois
Il
est périlleux de
vouloir imposer au marché québécois un modèle qui ne correspond nullement aux
besoins de ses consommateurs. À titre d’exemple, pour atteindre un volume moyen de 3,5 millions
de litres par poste d'essence, près de la moitié des postes d'essence devraient
fermer, soit 2002 sur 4365 postes
[26]. Cela
signifie que le Québec se retrouverait avec 32 postes d’essence par 100 000
habitants alors qu'aux États-Unis on retrouve 59,2 postes par 100 000
habitants. Il y aurait un poste pour
3155 habitants au Québec alors qu’on en retrouve un pour 1690 habitants aux
Etats-Unis. Actuellement le Québec
dispose de 58,5 postes / 100 000 habitants, ce qui est bien raisonnable compte-tenu
de sa densité de population qui est beaucoup plus faible que celle des
Etats-Unis. En effet, la densité de
population du Québec est de 5,5 habitants/km2 alors qu'aux Etats-Unis, où l'on
retrouve plus de postes d'essence par 100 000 habitants, la densité est
beaucoup plus importante puisqu’elle s’établit à 31,5 habitants/km2.
Tableau 6
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Ventes
au détail de produits pétroliers au
Québec à la pompe (2001) |
|
|
Produit |
Litres vendus |
|
Essence |
7 407 900 000 |
|
Diesel |
861 400 000 |
|
Total |
8 269 300 000 |
|
Source: Statistique
Canada, Cansim, Tableau
128-0003 - Disponibilité et écoulement d'énergie primaire et secondaire en
unités naturelles, données trimestrielles, 2001. |
|
Le débit moyen des postes d'essence au Québec, en 2001, était de 1 871 138
litres. Pour en arriver à 3,5
millions de litres, il faudrait que l’on assiste à la fermeture de
2002 postes d'essence, il ne resterait alors que 2363 postes d'essence
pour combler les besoins des consommateurs sur tout le territoire québécois. Or, ce volume de 3,5 millions de litres ne
serait même pas suffisant pour rentabiliser un poste à très grands
débit disposant de plusieurs îlots de ravitaillement. Il faut plutôt, pour ce faire, un minimum de 10 à 15 millions de
litres, ce qui signifie que l’imposition de ce modèle ne laisserait
qu'entre 825 et 550 postes d'essence pour desservir la population québécoise,
ce qui est un non sens en regard de la situation du marché des Etats-Unis.
Les
compagnies majeures affirment notamment qu’elles ont fermé beaucoup
de postes, ce qui contribue à la rationalisation du marché de détail. Cependant, elles oublient de dire que la disparition
d'un poste sous leur bannière ne signifie pas la fermeture réelle de
ce poste, car il peut tout simplement avoir changé de bannière sans
avoir contribué à la rationalisation qu’elles disent espérer.
Les
compagnies intégrées et l’interfinancement
L'élimination d'un grand nombre de postes d'essence se fera au détriment des
indépendants, à la suite de guerres de prix sans merci. Seules les compagnies majeures, utilisant
l’interfinancement entre leurs secteurs d'activités situés en amont, peuvent
supporter ces situations déloyales. L'année 2000 a été une année exceptionnelle
pour les compagnies pétrolières intégrées, le marché du brut et les marges de
raffinage leur garantissant des profits records. Toutefois, le secteur de la commercialisation, où on retrouve des
concurrents indépendants, a été difficile.
Tel qu'on peut le lire dans le rapport annuel 2000 de l'Impériale, l'interfinancement
entre les différents secteurs d'activités de la compagnie permet de supporter
de faibles revenus ou même des pertes dans le secteur de la commercialisation,
sans que la santé financière de la compagnie intégrée n'en soit affectée. " Sur le marché international, le
prix de gros des produits raffinés s'est aussi raffermi au cours de l'année,
par la suite de la montée des cours du pétrole brut et de la faiblesse
relative des stocks, ce qui a permis de dégager de fortes marges de raffinage. Du côté négatif, la marge de commercialisation sur les produits
pétroliers est restée mince,…en tant que pétrolière intégrée cependant,
la compagnie a vu les effets positifs amplement compenser les effets
négatifs sur l'ensemble de l'année." [27]
L’ancien Président d’Ultramar Diamond Shamrock, monsieur Jean Gaulin,
est, lui aussi, explicite à l’égard de l’interfinancement pratiqué par les
raffineurs. Après avoir affirmé que les
marges de raffinage furent très fortes en 2000, il évalue la situation de
2001en précisant que « Si les marges
de raffinage diminuent en comparaison avec celles de l’an dernier, nos marges
tirées de nos réseaux de gros et de détail devraient être supérieures à celles
de 2000. Le meilleur est à venir. »
[28]
Affaiblissement financier et incertitude
Ce sont les pratiques commerciales déloyales axées sur les ventes à
perte qui éliminent les concurrents indépendants. Ceux-ci ne peuvent en effet avoir accès à l’interfinancement
découlant des profits tirés du marché du pétrole brut et du raffinage. Pour le consultant auprès de la Banque
Mondiale et professeur à l’Université du Québec à Montréal, Ahmed Naciri, les
guerres de prix persistantes menées dans le secteur de la vente au détail de
produits pétroliers engendrent des séquences consécutives de cycles commerciaux
déficitaires. Celles-ci ne font pas
qu’affaiblir financièrement les entreprises pétrolières indépendantes; elles
minent leur capacité d’entrepreneurship en insérant dans le marché une
incertitude malsaine que l’on ne retrouve pas dans une situation économique
normale. Ahmed Naciri juge que cette
augmentation de l’incertitude engendre la peur. « Ce qui m’inquiète, c’est cette situation d’incertitude que
j’instaure. Si vous faites une mauvaise
expérience une fois, les prochaines fois, vous avez peur. »
La rationalisation
Plutôt que d’être à la merci d’un nombre réduit de postes d’essence à
très grand débit avec un grand nombre d'îlots de ravitaillement, n’est-il pas
préférable, pour les consommateurs, d'avoir accès à un plus grand nombre de
postes d'essence aux installations plus modestes, lorsqu’on sait que les coûts
d’exploitation par litre vendu sont comparables.
Au surplus, un plus grand nombre de postes d’essence n’assure-t-il pas
une plus forte concurrence, en plus de garantir un approvisionnement situé à
proximité des consommateurs.
Derrière l’écran de la « rationalisation » se cache l’objectif
de concentration du marché entre les mains de quelques raffineurs : c’est
la façon la plus sûre d’exiger des consommateurs des prix toujours plus
élevés. La rationalisation du parc de
postes d’essence du Québec doit se faire au rythme que lui impose le jeu normal
de la concurrence. Toute
rationalisation accentuée artificiellement à coup de guerres de prix déloyales
doit être combattue. Après tout, le
parc de postes d’essence du Québec ne se compare-t-il pas avantageusement à celui
des Etats-Unis?
Disparition
des importateurs
indépendants :
un
alourdissement annuel de 336
millions pour les consommateurs du Québec.
Au Québec,
comme nous le verrons, il n'y a pas vraiment
de concurrence entre les raffineurs. Au
surplus, le tableau qui suit révèle qu’il y a un surplus net de produits finis
au Québec, puisque les raffineries du territoire québécois exportent une partie
de leur production hors de nos frontières.
|
Production,
offre et consommation de produits pétroliers au Québec en 1999, en millions
de litres. |
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