COMMUNIQUÉ DE PRESSE DIFFUSION IMMÉDIATE

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Secteur pétrolier:

Les compagnies majeures ont systématiquement détourné
leurs profits vers l'étranger

Anjou, le 26 juin 1998. Au cours des quatre dernières années (1994-1997), Esso Shell et Ultramar ont déplacé 5.3 milliards à l'extérieur du pays. Ce déplacement des capitaux vers l'étranger s'est accompagné d'une perte de 15 000 emplois au cours des 7 dernières années, à la suite des orientations adoptées par Esso, Shell et Pétro-Canada.

Tel est le constat auquel en arrivent les professeurs Léo-Paul Lauzon, M.B.A., Ph.D., C.A., C.M.A. et Michel Bernard, M.B.A., M.A., C.M.A. Ces chercheurs de l'Université du Québec à Montréal ont réalisé une étude intitulée "Analyse financière des quatre grandes pétrolières intégrées opérant du Québec: provenance et utilisation de leurs bénéfices". Exclusivement basées sur les derniers états financiers des compagnies majeures, cette étude illustre à quel point les multinationales pétrolières appauvrissent systématiquement la société canadienne et particulièrement celle du Québec.

Pour Léo-Paul Lauzon, la présente étude démontre clairement que les profits des entreprises intégrées leur permettent de s'adonner aisément aux ventes à pertes dans le secteur du détail.

"Leur structure financière leur laisse toute latitude pour essouffler les entreprises indépendantes de distribution et de vente au détail de produits pétroliers qui ne peuvent pas avoir accès aux très rentables activités liées au pétrole brut et à sa transformation" a précisé le professeur Lauzon.

Bien plus, les chercheurs constatent que Pétro-Canada se "décanadianise" à un rythme accéléré, comme se fut le cas pour le CN qui fut jadis une société d'État fédérale et appartient aujourd'hui à 60% à des intérêts étrangers.

Selon le chercheur, la présente étude démontre l'importance de conserver au Québec un secteur privé national dans ce domaine économique aussi névralgique que l'importation et la distribution des produits pétroliers. Sinon, le Québec sera tributaire de puissantes firmes étrangères pour son approvisionnement en essence, un bien essentiel. "Sans l'intervention de l'État québécois pour maintenir un certain seuil de concurrence, le Québec pourrait se retrouver sous la gouverne d'un oligopole bien structuré de quatre "majors" avec les conséquences désastreuses que nous pouvons escompter: pertes d'emplois, profits qui s'en vont à l'extérieur, impôts sur le revenu payés au gouvernement provincial considérablement réduits, fermetures de stations service en régions et prix de l'essence à la pompe pour le consommateur augmentant substantiellement", a conclu le professeur Lauzon.

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Source: Marie-France Cloutier, AQUIP (514) 355-9600
Informations: Léo-Paul Lauzon, UQAM (514) 987-3000 poste 3954#
René Blouin, Président-directeur général, AQUIP (514) 355-9600