COMMUNIQUÉ DE PRESSE

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Secteur pétrolier :

Le Conference Board confirme que les multinationales du pétrole font de l’interfinancement

Montréal, le 22 février 2001 " Comme le lui expliquent les indépendants depuis un an, le Conference Board a finalement reconnu que l’interfinancement qui permet d’utiliser les revenus du raffinage pour soutenir artificiellement le secteur du détail de la vente d’essence, est utilisé par les grandes pétrolières ", a précisé René Blouin, Président-directeur général de l’Association Québécoise des Indépendants du Pétrole. Cette pratique permet notamment aux raffineurs de consentir une aide financière qui avantage leurs détaillants durant les guerres de prix, précise l’étude rendue publique aujourd’hui. Or, ce comportement fait en sorte que les détaillants qui peuvent espérer demeurer en affaires ne sont pas ceux qui sont les meilleurs et les plus efficaces, mais simplement ceux qui sont financièrement supportés par les raffineurs. Il s’agit d’une situation qui nie les règles de base de la saine concurrence, avantageuse pour les consommateurs.

Le Conference Board supporte ses membres influents
Pour ce qui est de l’ensemble de l’étude, elle ne présente rien de nouveau et reprend le contenu du document qu’elle publiait il y a quelques mois. Cette répétition met de côté les véritables causes des hausses de prix qui frappent les consommateurs et en reprenant les positions habituelles des raffineurs relatives au marché de détail au Canada. Ce faisant, le Conference Board se range clairement du côté des membres influents qui supportent financièrement son organisation. L’AQUIP aurait espéré plus d’ouverture de la part d’un organisme qui prétendait chercher à mener une étude éclairante sur le fonctionnement de l’industrie pétrolière canadienne.

Les attentes des consommateurs mises de côté
Bien que le Conference Board estime que les consommateurs veulent s’assurer que les compagnies pétrolières ne profitent pas des prix élevés du pétrole brut pour faire des profits excessifs, il refuse d’étudier les questions relatives au secteur du pétrole brut et du raffinage, se contentant d’exonérer les pétrolières de tout blâme relatif aux augmentations du prix de l’essence et de concentrer ses analyses sur le seul marché de détail qui n’est pourtant nullement responsable des prix élevés des carburants. Il refuse aussi de considérer que la concentration du marché du raffinage a déjà coûté cher aux consommateurs et que le même phénomène dans le secteur du marché de détail pénalisera encore davantage les consommateurs.

Les faits ne sont pas pris en compte
Le Conference Board ne tire notamment aucune leçon des faits suivants, pourtant au cœur du fonctionnement du marché pétrolier au Canada :

bulletune poignée de raffineurs intégrés contrôlent le marché du raffinage,

bulletles marges de raffinage au Canada sont plus fortes que celles observées aux Etats-Unis, ce qui illustre une faible concurrence,

bulletles mêmes raffineurs intégrés établissent les prix de gros à l’unisson,

bulletles marges de détail sont réduites par l’inter-financement, comme le confirme Petro-Canada, et sont généralement plus faibles que celles observées aux Etats-Unis où le marché est pourtant plus concurrentiel,

bulletles mêmes raffineurs contrôlent le marché de détail et y imposent leurs règles en

Un travail à reprendre
L’AQUIP regrette que le Conference Board ait de la sorte évacué les grands enjeux qui déterminent les prix élevés actuels que doivent assumer les consommateurs. Le Conference Board et, par ricochet, le gouvernement fédéral ratent ainsi une occasion de bien éclairer les citoyens sur le fonctionnement du marché pétrolier au Canada.

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