Les indépendants réclament l’intervention de la Régie de l’énergie :

Les prix de Saint-Jérôme vont continuer à être parmi les plus bas au Québec,
tout en favorisant le maintien de concurrents efficaces


« L’intervention de la Régie de l’énergie s’impose pour aviser le marché pétrolier qu’il doit éviter les situations excessives qui mettent en péril la survie d’entreprises rentables dans des conditions de concurrence normale, ce qui est nuisible tant sur le plan social qu’économique », soutient Sonia Marcotte, économiste et présidente-directrice générale de l’Association Québécoise des Indépendants du Pétrole.

Chiffres à l’appui, madame Marcotte rappelle que l’intervention de la Régie de l’énergie n’aurait qu’un impact mineur sur les prix de vente de l’essence sur le territoire de Saint-Jérôme. Les consommateurs continueront en effet y avoir accès à des prix parmi les plus bas de tout le territoire du Québec, tout en favorisant le maintien de concurrents efficaces.

« La concurrence nécessaire à la protection des consommateurs doit être soutenue », précise madame Marcotte qui a rappelé qu’il est excessif d’utiliser, sur de longues périodes, les ventes à perte qui déstabilisent les entreprises pétrolières indépendantes. Celles-ci, en effet, ne peuvent supporter longtemps les ventes à perte dans le marché de détail sans que leur survie ne soit menacée. Pour les multinationales, il est évidemment facile d’effondrer les marges des détaillants pendant un temps et d'ensuite fixer des prix plus élevés, quand la concentration du marché s'est opérée à l'avantage d'une poignée d'entreprises colossales.

85,5¢
L’AQUIP et Intergaz, une pétrolière indépendante des Laurentides, ont déposé, le 14 décembre dernier, une nouvelle requête à la Régie de l’énergie afin que cessent les guerres de prix qui entraînent un type de situation que les raffineurs ont déjà eux-mêmes qualifié de « désastreuse » et « d’exceptionnelle ». Une décision de la Régie de l’énergie ordonnant l’inclusion de la valeur des coûts d’exploitation d’un détaillant majorera le prix de vente d’un litre d’essence de 3¢ (3,42¢ incluant les taxes), soit environ 85,5¢ pour un plein de 25 litres. Une telle décision de la Régie de l’énergie n'aura donc qu’un effet minime sur les prix que paient les consommateurs du secteur de Saint-Jérôme, qui demeurera une des zones de prix les plus bas du Québec. En fait, la marge du détaillant de Saint-Jérôme ne sera que de 3¢ par litre, ce qui ne permet même pas de couvrir tous les coûts d’exploitation engagés par un détaillant efficace. Cette marge se situe, en moyenne pour les 12 derniers mois, à 4,9¢ sur l’ensemble du territoire du Québec et à 4,3¢ à Montréal.

Maintien des bas prix à Saint-Jérôme
En appliquant aux prix à la pompe des 12 derniers mois l’hypothèse de l’inclusion par la Régie de l’énergie de la valeur des coûts d’exploitation sur le territoire de Saint-Jérôme, on constate que les prix de Saint Jérôme demeurent les plus bas à 1,024$, comparativement à ceux de Montréal à 1,037$ et à ceux de l’ensemble du Québec à 1,03$ par litre. (Voir graphique ci-bas)

États-Unis
La loi québécoise qui réglemente le secteur pétrolier est inspirée de lois en vigueur aux États-Unis. 27 des 50 États américains disposent de lois pour réglementer le marché pétrolier. De ce nombre, 19 ont adopté des lois de même nature que celle du Québec afin d’empêcher les ventes à perte qui éliminent les concurrents efficaces et, en conséquence, de mieux assurer la protection des consommateurs.

Une étude menée en 2004 révèle que les États disposant de lois interdisant les ventes à perte se regroupent autour de ceux qui enregistrent les prix de détail sur l’essence les plus faibles des États-Unis. En fait, les prix de l’essence à la pompe offerts aux consommateurs dans les États disposant de lois interdisant les ventes à perte sont, en moyenne, de plus de 8% inférieurs à ceux des États sans législation.


Mis à jour le 7 mars 2008