Costco boude la Régie de l’énergie

 

L’AQUIP a été étonnée de constater que Costco refusait à nouveau de venir débattre de ses coûts d’exploitation, qu’elle prétend pourtant exceptionnels. C’est ce qu’elle confirme dans une lettre transmise le 22 février dernier à la Régie de l’énergie. Ce rejet du débat public devient irritant pour ceux et celles qui souhaitent que ces questions soient abordées en toute transparence. De quoi Costco a-t-elle vraiment peur? Pourquoi privilégie-t-elle les déclarations publiques de nature générale à l’exercice rigoureux qui requiert l’obligation de faire la preuve de ce que l’on avance? Évidemment, Costco sait que la Régie de l’énergie est un tribunal qui ne se contente pas d’affirmations péremptoires. Tous auraient apprécié que soient soumises au débat public les affirmations souvent peu convaincantes de cette multinationale.

 

Fondre…comme neige au printemps

Malheureusement, dans la lettre qu’elle a adressée à la Régie de l’énergie, Costco adopte des attitudes accusatoires envers cette institution publique qui a pourtant fait ses preuves. Elle conclut qu’elle n’entend pas intervenir lors de l’audition publique qui s’amorce en vue de déterminer la valeur des coûts d’exploitation d’un détaillant. Pareille attitude est vexante et injuste. On peut à juste titre s’interroger sur le fait que Costco rate une telle occasion de venir démontrer que son modèle de poste d’essence, dont les installations ont coûté un million de dollars, est aussi efficace qu’elle le prétend, alors que le modèle de poste d’essence efficace retenu par la Régie accueille des installations de 258 030$. À priori, admettons que Costco part avec une prise contre elle. Au surplus, en refusant de participer au débat et de venir rigoureusement présenter ses chiffres, Costco prive l’AQUIP et les autres participants de la possibilité d’interroger ses représentants sur la valeur de ses prétentions; c’est peut-être ce qu’elle craint au plus haut point. En fait, soyons clairs, Costco refuse de participer à un débat public de nature quasi-judiciaire où des preuves sérieuses doivent étayer ses propositions. Si elle s’y prêtait, sa prétendue efficacité ne risquerait-elle pas de fondre… comme neige au printemps!

 

La meilleure?

Costco déçoit. Nous nous serions attendus à ce qu’elle décide enfin de s’ouvrir sans réserve au débat public. Nous sommes contraints de constater qu’elle préfère continuer à se cantonner dans des messages flous qui ne font qu’affirmer qu’elle a le sentiment d’être la meilleure de tous!

 

Rien au Canada

Mais ce n’est pas tout, Costco pousse l’audace jusqu’à prétendre que la Régie de l’énergie décourage les investissements dans des essenceries qu’elle prétend, sans le démontrer, plus efficaces que la norme reconnue. Comment alors Costco peut-elle expliquer que, au cours des dernières années, elle ait décidé de n’ouvrir aucun poste d’essence en Ontario ni ailleurs au Canada? La Régie n’y a pourtant pas juridiction. Vouloir faire porter à la Régie de l’énergie la responsabilité de ce qui se profile de plus en plus comme une erreur commerciale qu’elle refuse de reproduire ailleurs au Canada constitue une injustice qui doit cesser. D’autant plus que, contrairement à Costco, Loblaws a, au cours des récentes années, ouvert pas moins de 8 postes d’essence sur le seul territoire du Québec.

 

Crédibilité entachée

Comme on le voit, les pauvres arguments de Costco ne tiennent pas la route. En refusant le débat public, Costco entache sérieusement sa crédibilité et recouvre ses prétentions d’un voile opaque qui incite peu à la prendre au sérieux.